LES FORTIFICATIONS

Une protection contre les mercenaires.

Comme partout en Comtat Venaissin, Aubignan se dote de fortifications au cours du XVI siècle. En effet, deux factions s'affrontent dans la région: d'une part la reine Jeanne de Naples - comtesse de provence - et d'autre part le beau-frère de celle-ci aidé du tristement célèbre Arnaud de Servole dit l'Archiprêtre. C'est dans ces conditions que le pape Clément VI ordonne en 1357 de fortifier les châteaux et les villes. Le 6 mai 1359, le Parlement de la commune se réunit donc et décide de faire un vingtain des fruits (impôt indirect d'un vingtième) pour financer les travaux.

 

Un système défensif devenu convivial.

La Porte de France et la portion de courtine (mur entre deux tours) qui la jouxte sont caractéristiques des constructions de cette époque; par exemple, on observe encore des mâchicoulis (coursière de pierre en surplomb dont le sol, percé d'ouvertures, permet d'effectuer des tirs sur un éventuel ennemi) sur consoles et le chaînage d'angle à harpe (pierre plus importantes posée aux angles dont la position est alternée) qui contribuent à donner un air imposant à cette tour quadrangulaire.

 

Des adjonctions sont toutefois venues adoucir cet aspect sévère. Ainsi, un cadran solaire est gravé en 1708 sur la tour et la date de 1716 est gravée dans le cadran de l'horloge. Un éléphant campanile en fer forgé surmonte le tout.

 

La Cabanette, bâtiment de même largeur que la tour et qui fut construit en 1728, se dresse encore ajourd'hui. Ses arches servaient à l'occasion d'abri aux voyageurs lorsque les portes de la ville étaient closes; elle est devenue, au fil du temps, un lieu de sociabilité incontournable d'Aubignan.